Cursus intensif débutant en arabe : en route vers la réussite !

Valérie Benelhadj est professeur certifiée au Département d'études arabes de l'Université de Strasbourg. Après de nombreuses années passées en collège et lycée, elle a mis sa grande expérience pédagogique au service de l'université pour lancer un cursus intensif d'apprentissage de l'arabe en licence à partir de 2022. Alors que la première promotion arrive au terme de sa licence, premier bilan de cette expérience réussie !

Vous avez lancé il y a trois ans le cursus débutant intensif en licence d'études arabes. Pouvez-vous nous rappeler quels sont les principaux objectifs de ce cursus ?

Le département d’arabe souhaitait proposer une licence d’arabe à tou.te.s les étudiants.es, qu’il.elle.s aient étudié l’arabe antérieurement ou pas. C’est pourquoi nous avons mis en place un cursus « avancés », pour ceux qui maîtrisent la langue arabe standard et un cursus « débutants intensifs » pour ceux qui ignorent tout de cette langue ou n’en maîtrisent que quelques rudiments.

En trois ans , les étudiant.e.s du parcours « débutants intensifs » parviennent à un niveau B1-B2 en langue, ce à quoi s’ajoutent les cours de littérature, civilisation, islamologie. L’université propose une certification au niveau B1 qui leur est parfaitement accessible.

A ce niveau, les étudiant.e.s disposent d’un outil certes perfectible mais néanmoins déjà opérationnel pour :  échanger à l’écrit comme à l’oral dans une langue arabe moderne, accéder à la presse, étudier des textes en arabe nécessaires pour un domaine précis (en histoire par exemple), etc

- Comment le cursus est-il organisé et quelles approches pédagogiques avez-vous privilégiées pour faire progresser les étudiantes et étudiants ?

Pour ne parler que de la langue : en L1, il y a quatre heures de pratique écrite et deux heures de pratique orale. En L2, il y a deux heures de pratique écrite, deux heures de pratique orale et deux heures consacrées exclusivement à la presse arabe (écrite et audiovisuelle). Pratique orale et pratique écrite sont toujours assurées par des enseignants différents.

Nous nous appuyons, mes collègues et moi,  sur un manuel qui ne propose ni transcription ni vocalisation, deux faux-amis qui, en réalité, bloquent la progression des apprenants. Il est complété par le site internet de l’auteur qui met à disposition de nombreuses ressources d’accompagnement.

Nous y ajoutons de nombreuses fiches récapitulatives, des exercices et le plus possibles de documents authentiques (écrits et vidéo). L’ensemble de ces documents est disponible sur Moodle pour les étudiants inscrits au cours, en compagnie de nombreux autres éléments permettant  « d’aller plus loin » : liens, vidéo, proposition de lecture, etc.

L’alphabet est étudié progressivement tout au long du semestre 1, et les lettres sont présentées dans un ordre qui permet, dès le premier cours, de former et de comprendre des énoncés simples. En parallèle, nous ajoutons des éléments culturels (vie quotidienne, traditions, etc). L’oral est pratiqué le plus possible et nous évoquons régulièrement les pratiques dialectales pour familiariser les étudiants.e.s avec la diversité du monde arabe.

D’année en année, les étudiant.e.s du cursus débutant rejoignent certains cours donnés en arabe aux étudiant.e.s du cursus avancé : littérature en L2, traduction,  pratique écrite, civilisation et islamologie en L3.

Pour accélérer la formation, le département encourage les expériences de mobilité et tous les projets sont étudiés : partenariat avec d’autres universités pour des stages allant de quelques mois à l’année entière, programme Erasmus pour étudier l’arabe dans une université européenne, soutien à l’obtention de bourses pour participer aux stages annuels du DEAC (Le Caire),  à l’IFPO (Beyrouth), etc. 

- En définitive, quel investissement demande ce cursus intensif de la part des étudiantes et étudiants ? Quelles sont les compétences à développer pour réussir ?

Ce cursus s’adresse à des étudiant.e.s motivés, capable d’assumer une charge de travail lourde mais enrichissante  (un minimum de dix heures de travail personnel hebdomadaire paraît indispensable). Je répète ici que, comme n’importe quelle autre langue, l’arabe peut être appris par tous ceux qui s’en donnent les moyens et nous sommes là pour les soutenir dans leurs efforts.

Il faut faire preuve d’autonomie : le manuel propose beaucoup d’exercices corrigés qui ne sont pas tous faits en cours mais peuvent utilement être faits à la maison.

Il y a peu de travail explicitement donné d’un cours à l’autre mais il est attendu de l’étudiant.e que, d’une semaine sur l’autre, il.elle assimile en profondeur ce qui a été expliqué en cours. Ensuite, il ne faut pas avoir peur de poser des questions : au contraire, c’est montrer qu’on cherche à faire le tour de la question !

La fréquentation régulière des sites de presse est recommandée : elle permet de s’entraîner et on s’aperçoit ainsi que , en contexte et sur des sujets d’actualité, la quantité de mots connus s’accroît de manière étonnante et satisfaisante !

Pour conclure, la clé de la réussite c’est d’entretenir la motivation du début par beaucoup d’énergie et de la régularité.